Quand on pense “prix”, on pense à un chiffre. Le montant sur l’étiquette, le total à la caisse, la promo affichée en gras. Mais le prix réel d’un produit, celui que vous ne voyez jamais, dépasse très largement ce que vous déboursez en euros.
Le prix visible : ce que vous payez.
C’est celui qui influence vos choix : 9,99 € ou 34,50 €. On compare, on calcule, on cherche le bon plan. C’est aussi là que se nichent les stratégies marketing : prix psychologiques, fausses promotions, effets d’ancrage. Bref, vous croyez choisir librement, mais tout est fait pour orienter votre décision.
Le prix caché : ce que d’autres paient à votre place.
Derrière un produit bon marché, il y a souvent quelqu’un d’autre qui a payé la différence :
- Un ouvrier sous-payé à l’autre bout du monde.
- Une ressource naturelle exploitée sans limite.
- Une rivière polluée.
- Une santé publique affaiblie par des produits transformés ou toxiques.
Ce sont les coûts sociaux, écologiques, sanitaires que personne n’intègre au ticket de caisse, mais qui existent bel et bien.
« Pas cher » pour vous, coûteux pour le monde
Chaque fois qu’un prix semble « trop bas pour être vrai », c’est probablement parce qu’il l’est. Le reste a été externalisé : déplacé, invisibilisé, délégué à ceux qu’on n’entend pas.
Vers une transparence des prix ?
Des initiatives émergent : calcul de l’empreinte carbone, labels d’impact social, prix équitables. Mais tant que notre regard reste rivé uniquement sur ce que ça me coûte à moi, on ne sortira jamais du piège.
Redéfinir le mot « prix », c’est admettre qu’un achat est toujours un acte politique, un choix qui a des conséquences — visibles ou non.
Et que la transparence ne commence pas à la caisse, mais bien avant.
